Chômeurs en fin de droit : "On veut connaître la réalité régionale"

Publié le 30/03/2010
Dans une interview accordée à La Voix du Nord, Philippe Perrault demande de connaître la réalité des chiffres et souhaite un assouplissement des conditions d'accès à l'ASS
Chômeurs en fin de droit : "On veut connaître la réalité régionale"
Chômeurs en fin de droit : "On veut connaître la réalité régionale"
Dans une interview accordée à La Voix du Nord, Philippe Perrault demande de connaître la réalité des chiffres et souhaite un assouplissement des conditions d'accès à l'ASS

Philippe Perrault est secrétaire général de la CFDT Nord - Pas-de-Calais. Le syndicat cogère l'UNEDIC, chargée du financement de l'assurance chômage, en partenariat avec d'autres organisations salariales et patronales

Pôle emploi estime à un million le nombre de chômeurs en fin de droits en France en 2010, dont 360 000 sans revenus... Dispose-t-on de statistiques régionales ?  « Pas encore. Et c'est d'ailleurs ce que nous avons demandé lors d'une réunion nationale le 4 mars. On souhaite connaître la réalité de ces chômeurs en fin de droits dans notre région. »   

Est-ce que la durée de la crise amplifie le phénomène ?   « La crise a amené son lot de chômeurs de longue durée : tous ceux qui se sont retrouvés sans emploi en 2008, notamment les statuts précaires, jeunes et intérimaires. »

C'est une question qui préoccupe la CFDT ?   « C'est une question qui nous concerne d'abord en tant qu'organisation syndicale. Nous avons d'ailleurs fait des propositions. On demande un assouplissement des conditions d'accès à l'ASS (lire ci-contre). Actuellement il faut avoir travaillé cinq ans au cours des dix dernières années. Nous souhaitons que cette période soit réduite, qu'on y intègre les temps de chômage indemnisé et de stages, et que le revenu pris en compte soit celui du bénéficiaire et non celui du couple. »

Comment le financer ?   « Avant tout, il faut un accompagnement renforcé des chômeurs en amont, pour qu'ils n'aillent pas jusqu'en fin de droits. Mais il faut aussi aider en urgence ceux qui sont dans cette situation. Nous proposons que ces mesures soient en partie financées par la suppression du bouclier fiscal et la création d'une tranche supplémentaire d'impôt pour les hauts revenus. »

Certains chômeurs n'ont pas droit à l'ASS parce que leur conjoint travaille. C'est logique s'ils ont assez pour vivre, non ?  « Les modes de vie ont changé. Vous avez des gens mariés, d'autres couples ne le sont pas. Il faut accompagner l'individu, on n'a pas à regarder son statut matrimonial. Ce qui n'empêche pas d'examiner les dossiers situation par situation, bien entendu. »