Pascal Catto à La Voix du Nord : "A l'issue du sommet social, pas grand chose pour les salariés"

Publié le 22/01/2012
Dans la Voix du Nord, le secrétaire général de la CFDT Nord Pas de Calais commente l'actualité de la semaine : Sommet social, Sea France, naufrage du Costa Concordia, Campagne électorale...
Pascal Catto à La Voix du Nord : "A l'issue du sommet social, pas grand chose pour les salariés"
Pascal Catto à La Voix du Nord : "A l'issue du sommet social, pas grand chose pour les salariés"
Dans la Voix du Nord, le secrétaire général de la CFDT Nord Pas de Calais commente l'actualité de la semaine : Sommet social, Sea France, naufrage du Costa Concordia, Campagne électorale...

Pascal Catto : « À l'issue du sommet social, les salariés n'ont pas obtenu grand-chose... »

samedi 21.01.2012, 05:17- La Voix du Nord

 

|  LA SEMAINE VUE PAR PASCAL CATTO |

Pascal Catto est depuis 2010 le secrétaire général de la CFDT Nord - Pas-de-Calais. Il est à la tête de 64 800 adhérents. Mais il est également membre du bureau national. À ce titre, après le sommet social de mercredi à l'Élysée, il a fait le point avec ses collègues, en bureau national, sur quelques-uns des sujets les plus chauds de l'actualité. Il y revient pour nous cette semaine.

 

Le sommet social de mercredi

« Ce sommet, nous l'avions réclamé depuis août. François Chérèque avait dit au président : 'La crise est là, il y urgence.' C'était le temps des annonces de plans de rigueur, un mot qui a longtemps été tabou mais ne l'est plus aujourd'hui. Mais il nous faut bien dire que les salariés n'obtiennent pas grand-chose, à l'issue de ce sommet. Les seules mesures un peu positives sont des mesures conjoncturelles sur le chômage partiel, alors qu'elles auraient dû être mises en oeuvre bien plus tôt, cela aurait évité des licenciements. Pour comparaison, la France a investi pour 610 millions d'euros en mesures pour le chômage partiel en 2009. La même année, l'Allemagne a investi 6 milliards d'euros pour la même chose. Cela veut dire que l'Allemagne a pris de vraies mesures pour éviter les licenciements et le chômage. Alors, les 100 millions que l'on nous propose ici, on les prend, mais... Autre chose : l'envoi en formation des salariés n'a pas été bien géré non plus. Il aurait fallu profiter des périodes de baisses d'activité pour aider les salariés à rester compétitifs. De ce point de vue, il y a une vraie responsabilité sociale des entreprises. Pourtant, je me souviens bien d'avoir entendu Nicolas Sarkozy à Valenciennes, en 2009, promettre de réformer la formation professionnelle. Rien n'a été fait. On peut également parler du chômage des jeunes que l'on n'aide pas. Ou de la TVA sociale, dont on nous dit qu'on va y revenir. Mais nous ne sommes pas d'accord, nous, pour ce genre de mesures à la hussarde. Mais c'est une période compliquée, avec les échéances électorales à venir. Il nous faut également prendre garde de ne pas nous laisser instrumentaliser. »

La situation chez SeaFrance

« Ce jeudi, le bureau national a décidé de lancer une procédure de radiation du syndicat maritime Nord CFDT, pour une accumulation de faits portant gravement atteinte à la CFDT et à ses adhérents. Qui sont contraires à nos valeurs. Ce qui est visé, c'est le refus d'envisager toutes les solutions qui auraient pu préserver l'emploi. Le syndicat maritime Nord a refusé de discuter et de négocier avec DFDS, alors que tout était mis en oeuvre pour trouver un accord. Ils parlent de 300 ou 400 emplois sauvegardés seulement. Mais ça, c'était la première proposition. La deuxième offre proposait de sauver plus de 600 emplois, et même de reprendre la mer sous pavillon français ! Au lieu de cela, lundi, 800 salariés vont recevoir une lettre de licenciement... Ils se sont enfermés dans cette idée de SCOP qui n'était pas viable. Comment aurait-elle pu l'être, d'ailleurs : c'est le même modèle économique que celui qui est en train de crouler... Nous avons pourtant essayé de prévenir, de peser sur les décisions, en pure perte. Maintenant, ils vont avoir la possibilité de s'expliquer et même de faire appel : la procédure peut durer jusqu'en mars. »

Le naufrage du « Costa Concordia »

« Quel drame ! On pense évidemment qu'il y a eu une erreur humaine, de pilotage. D'après ce que je comprends, le commandant porte une grosse responsabilité. Mais je me pose également la question de la sécurité de ces véritables villes de 4 000 ou 5 000 personnes qu'on emmène sur l'eau. Est-ce qu'on peut garantir une vraie sécurité sur ces bateaux ? Les salariés sont-ils bien formés ? Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui se serait passé si un accident était arrivé en pleine mer. Les conditions d'évacuation étaient-elle réunies ? Bon, ici, on voit en plus que le commandant n'était pas à sa place pour coordonner les évacuations, en plus... Toutefois, on a beau former les gens à la gestion de crise, comme c'est le cas dans mon métier - le transport de fonds -, ce n'est plus la même chose quand on est face au danger, je crois... »

La campagne électorale

« Sincèrement, je crois que le citoyen a besoin de s'y retrouver sur les vrais problèmes de fond. On nous sert trop de petites phrases, sur lesquelles on discute dans les émissions de télévision. Moi, je regrette les émissions d'antan, où il y avait Georges Marchais, par exemple. Il y avait des débats passionnants parce qu'on posait les vraies questions. En tout cas, la CFDT, comme à son habitude, ne donnera pas de consigne de vote. »

Son week-end

« Repos ! Avec des balades au grand air dans la campagne arrageoise, ou dans mon Boulonnais natal, avec mon épouse. »